Quand le désespoir pousse la jeunesse vers « l’argent facile »

 

Face à la montée du chômage et à la précarité économique, une partie de la jeunesse développe la conviction que l’enrichissement rapide peut passer par des pratiques mystiques ou occultes. Une croyance qui interroge, inquiète et révèle un malaise social profond.


Le manque d’opportunités professionnelles est lié à un système éducatif qui semble avoir produit le résultat contraire de sa vocation. On dirait que les jeunes formés dans le système universitaire sont destinés à devenir des chômeurs, voire des misérables, à l’exception de quelques rares super chanceux ayant réussi à intégrer la fonction publique, perçue comme un domaine de protection contre l’impasse sociale. Cette situation constitue un véritable talon d’Achille pour la jeunesse, qui peine à résister à la tentation des féticheurs et des marabouts.


La pression sociale et le culte de l’argent poussent également les jeunes à tomber dans le piège de l’enrichissement facile. Dans une société où le riche a la parole et est vénéré, parfois sans légitimité, ces pressions incitent les jeunes à rechercher des solutions irréalistes pour impressionner et se faire accepter socialement.


Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion de ces croyances. Certains influenceurs et stars exposent des vies paradisiaques et artificielles qui ne sont, malheureusement, qu’un mirage. D’autres exhibent de véritables fortunes, mais prennent rarement le temps d’expliquer les efforts réels fournis et les sacrifices consentis pour parvenir à un tel succès. Par manque de discernement, la jeunesse en vient à imiter une vie virtuelle qui n’existe pas en réalité, en se nourrissant de l’illusion de l’argent facile.


On ne peut non plus ignorer ces nouveaux riches qui surgissent autour de nous comme des champignons. Bien souvent, l’origine de leur fortune demeure floue, sans explication claire. Cela renforce chez les jeunes la conviction qu’il est difficile, voire impossible, de devenir riche par l’honnêteté, l’intégrité et le dur labeur.


Lorsqu’ils se lancent dans de tels projets, ils ignorent les conséquences qui peuvent en découler. Beaucoup de jeunes se font exploiter par de faux marabouts et féticheurs, subissant des pertes financières liées aux maigres sommes investies dans le maraboutage. Dans les cas les plus graves, certains contractent même des crédits pour s’engager dans ces projets incertains.


La croyance en l’argent facile peut également conduire à une banalisation de la valeur de la personne humaine. Sous nos tropiques, certains jeunes vont jusqu’à commettre des crimes dans l’espoir de pactiser avec des entités occultes.


L’une des conséquences majeures de cette croyance est la dévalorisation du travail et du mérite. En effet, l’idée que la richesse peut être obtenue sans effort sape les fondements mêmes du travail, de la formation et de la persévérance. Elle détourne certains jeunes des études, de l’apprentissage et de l’entrepreneuriat. Alors qu'il n'y a pas d'avenir pour un pays doune jeunesse ne croit pas au travail.


Face à cette situation, le recours aux valeurs fondamentales devient nécessaire pour la jeunesse burkinabè en quête de repères. Le culte de l’argent facile doit être banni de notre société afin que triomphent les valeurs qui reflètent l’« homme intègre », telles que le travail, l’honnêteté et l’ardeur au labeur. Il revient donc, d’une part, à l’État burkinabè de redoubler d’efforts dans la création d’opportunités au profit de la jeunesse. D’autre part, ne serait-il pas pertinent d’encadrer les activités des marabouts et des féticheurs afin de protéger notre jeunesse ?





#jeunnesse 

#chomage 

#fetiches


✍🏿 Basniwendé Ousseni Kafando

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