Entre promotion de la culture et dérive : où se situe la frontière dans les établissements scolaires au Burkina Faso ?
Les journées culturelles organisées dans plusieurs établissements scolaires burkinabè étaient autrefois des moments de valorisation du patrimoine national. Elles permettaient aux élèves de découvrir les danses traditionnelles, les rythmes du terroir, les tenues locales, les langues nationales et les valeurs de respect qui fondent notre société. Aujourd’hui, ce constat semble de plus en plus remis en cause.
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| Ces tenues reflètent notre identité culturelle |
Dans plusieurs écoles, ces événements censés célébrer la culture prennent parfois une autre tournure. Sur certaines scènes scolaires, les prestations proposées ressemblent davantage à des démonstrations de provocation qu’à de véritables expressions artistiques liées à nos réalités culturelles. Chorégraphies suggestives, gestes déplacés, paroles de chansons à connotation sexuelle, imitation aveugle de tendances venues d’ailleurs : autant de contenus qui interrogent sur le sens même de ces journées dites culturelles.
La question mérite d’être posée : célèbre-t-on encore la culture ou assiste-t-on peu à peu à sa perte de repères ? Car promouvoir la culture ne consiste pas seulement à organiser une fête ou à monter sur un podium. Il s’agit aussi de transmettre un héritage, de valoriser une identité et de renforcer le sentiment d’appartenance à une nation.
Le plus inquiétant reste le regard de certains élèves sur leurs propres références culturelles. Les danses traditionnelles sont parfois jugées “dépassées”, les chansons du terroir considérées comme “ennuyeuses”, tandis que tout ce qui vient d’ailleurs est présenté comme moderne et valorisant. Cette tendance révèle un malaise plus profond : celui d’une jeunesse qui connaît parfois mieux les codes importés que les richesses de son propre pays.
Pourtant, la culture burkinabè regorge de diversité et de créativité. Des rythmes mossi aux sonorités bissa, des danses peules aux expressions gourmantché, en passant par les instruments traditionnels et les récits populaires, le Burkina Faso dispose d’un patrimoine capable de séduire sa jeunesse, à condition qu’il soit transmis avec intelligence et fierté.
Face à cette situation, la responsabilité est partagée. L’État, d’abord, ne peut rester passif face aux dérives observées dans les milieux scolaires. Il lui revient de mieux encadrer les activités culturelles dans les établissements et de fixer des règles claires. Les responsables d’écoles, ensuite, ont aussi leur part de responsabilité. Leur silence ou leur laxisme face à certains comportements contribue à banaliser ce qui devrait être recadré.
Il est donc temps d’agir. Les établissements scolaires doivent redevenir des espaces d’éducation complète, où la culture élève au lieu de dégrader, où l’art instruit au lieu de pervertir. Une prise de conscience collective s’impose : parents, enseignants, autorités et élèves doivent travailler ensemble pour redonner aux journées culturelles leur véritable vocation. Car une nation qui abandonne sa culture prépare elle-même son effacement.
Basniwendé Ousséni Kafando

Une vérité absolue
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