Qui est à tes côtés le mauvais jour ?
Comme tout être humain doté de conscience, chacun de nous réserve une place particulière dans son cœur : une place de choix pour certains, une place secondaire pour d’autres, et en efface plusieurs.
Ceux à qui nous avons accordé une place VIP sont, à nos yeux, les plus importants, voire indispensables à notre vie. Nous leur offrons cette place non pas forcément pour exprimer notre reconnaissance, mais parce que nous croyons fermement qu’ils seront notre secours de première heure le mauvais jour.
Il y a ensuite ceux que nous avons relégués à la seconde place. Cela s’explique par le fait que nous les conservons comme un secours de plan B le mauvais jour. Nous pensons qu’ils ne sont pas nécessaires, mais suffisamment importants pour nous dépanner en cas de difficulté, ou lorsque nos soutiens de premier plan auront lâché prise.
Enfin, il y a ceux que nous avons tout simplement effacés de notre vie, soit parce qu’ils ne nous apportent rien de plus, soit parce qu’ils ont voulu dépendre de nous, soit encore parce que nous doutons qu’ils aient un avenir dont nous pourrions tirer profit.
Malheureusement, cette hiérarchie n’est ni juste ni définitive. Nous ne nous rendons pas toujours compte que nos perceptions sont momentanées, nos émotions passagères et nos jugements souvent liés à des contextes précis de notre vie.
D’une part, nous ne connaissons jamais totalement une personne. Nous jugeons uniquement ce que nous avons vu ou vécu avec elle à un moment donné. Nous oublions que l’être humain ne se résume pas à un instant de sa vie. Le plus faible peut devenir le plus fort ; une personne absente aujourd’hui peut se révéler présente demain avec la plus grande diligence. En reléguant quelqu’un à une place figée, nous oublions que l’être humain est en perpétuelle évolution.
D’autre part, le temps révèle la véritable nature et la vraie valeur de l’homme. Ne dit-on pas que le temps est le meilleur juge ? Il arrive que ceux que nous avons placés en première position disparaissent avec le temps pour diverses raisons : soit nous ne faisons plus leur affaire, soit le temps a eu raison de leurs forces — financières, morales ou matérielles — qui leur permettaient de nous aider. Pendant ce temps, ceux que nous avions placés en deuxième ou troisième position sont parfois les seuls à rester. Cela montre que la place que nous attribuons aux autres n’est pas toujours proportionnelle à la loyauté, à la fidélité et à la sincérité.
Dans la vie, il faut donc apprendre à ne pas sacraliser les places que nous donnons aux gens dans notre cœur. Très souvent, ceux que nous plaçons en première ligne, ceux que nous croyons capables de nous soutenir dans les moments difficiles, ne sont pas toujours ceux qui restent lorsque l’épreuve survient. À tort ou à raison, ils disparaissent : par peur, par impuissance, par incompréhension ou par lassitude.
À l’inverse, ceux que nous avons négligés, sous-estimés ou relégués à l’arrière-plan se révèlent parfois être les plus fidèles. Dans la douleur, la maladie, la chute ou l’épreuve, ce sont eux que l’on retrouve à nos côtés, présents sans bruit, aidant sans calcul, soutenant sans conditions.
Les moments difficiles sont ainsi de puissants révélateurs de vérité. Ils montrent que la valeur d’une personne ne se mesure ni à la proximité apparente ni à la place que nous lui avons attribuée, mais à sa présence réelle lorsque tout vacille.
Ainsi, le véritable conseil est celui-ci :
restons humbles dans nos jugements, reconnaissants envers ceux qui se révèlent dans l’épreuve, et prudents dans la hiérarchisation de nos relations, car la vie elle-même se charge souvent de renverser nos classements.
Basniwendé Ousséni Kafando

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