Côte d'ivoire : la paix où la démocratie ? (Première partie )
La Côte d'ivoire connaît un climat politique tendue depuis le début de l'année 2025, année électorale. Cette atmosphère a pris une trajectoire plus inquiétante avec la radiation de la liste électorale des géants de la politique ivoirienne pour des raisons d'ordre juridique par la Commission électorale indépendante ( CEI ). Les coalitions au niveau de l'opposition se forment. Le suspense sur le 4e mandat d'Alassane Ouattara reste toujours maintenu bien vrai que la constitution l'autorise à briguer un autre mandat. Les tensions deviennent de plus en plus précises. Raison pour laquelle, on peut se demander si la Côte d'Ivoire a réellement tiré leçon de son passé politique ou elle fera le cou raid et niera la réalité sous le masque de la démocratie.
Tous les regards sont tournés vers la Côte d'Ivoire en cette année électorale. Elle se distingue tristement par sa coutume d'avoir des crises post-électorales très douloureuses. La rébellion déclenché en septembre 2002 , la crise tristement historique de 2010-2011 sont autant d'exemples .Est ce le même scénario qui se pointe à l'horizon en Côte d'Ivoire ? Cette question reste sans réponse précise et définitive, néanmoins les signes ne sont totalement pas reluisants pour le pays de Félix Houphouët Boigny.
La radiation des géants de la politique ivoirienne.
Puisque c'est officiel, le Président Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d'Ivoire et président du Parti des peuples africains - Côte d’ivoire ( PPA-CI) n'est pas sur la liste électorale . Sa candidature a été rejetée à cause de sa condamnation à 20 ans prison en 2018 concernant l'affaire de braquage de la banque BCEAO . Ce qui explique la déchéance de ses droits civiques et politiques.
Charles Blé Goudé , l'ancien bras droit de Laurent Gbagbo, lui aussi a vu sa candidature être rejetée parce que la justice ivoirienne l'avait accusé d”acte de torture , d'homicide volontaire et de viol ‘’ pendant la crise post-électorale de 2010-2011 . L'ancien ministre de la jeunesse sous Laurent Gbagbo a donc été condamné à 20 ans de prison ferme .
Pour le cas de du président actuel du PDCI-RDA depuis 2023 , Tidiane Thiam écarté de ce marathon présidentiel par la justice qui justifie que ‘’ Thiam avait perdu sa nationalité ( ivoirienne) à partir du moment où il a acquis la nationalité française en 1987” si l'on s'en tient à l'article 48 du Code de la nationalité ivoirienne. Cette radiation a été confirmée le 02 juin par la publication .
Guillaume Soro , exilé depuis 2019 , a été condamné à la prison à perpétuité par contumace en 2021 par la justice ivoirienne pour “ atteinte à la sûreté de l'État ” après avoir été accusé de préparer une insurrection civile avec ses partisans.
Des coalitions se font et se défont .
Pour contrer la décision de leur radiation qu'ils qualifient de politique, plusieurs partis d'opposition ont créé le 10 mars la Coalition pour l'alternance pacifique en Côte d'Ivoire ( CAP-CI ). Coordonnée par le président du PDCI-RDA, Tidiane Thiam, elle rassemble plusieurs partis comme le PDCI de Tidiane Thiam, le COJEP de Charles Blé Goudé, MGC de Simone Ehivet , FPI de Barthélémy Gnepa.
Cette coalition s'est voulue une plateforme pour ambition de garantir des élections libres transparentes et inclusives .
Cependant, il faut noter l'absence du PPA-CI de Laurent Gbagbo. Ce parti qui pèse sur la scène politique pourrait être un membre stratégique de cette coalition. Quant à Laurent Gbagbo, fort de son expérience politique depuis un demi-siècle de combat pour la démocratie, il pourrait, avec ses pairs , faire face au parti au pouvoir , avec une opposition plus solide. Ce recul symbolise d'une manière officieuse la méfiance entre les partis d'opposition , principale talon d'Achille.
Le mouvement ‘’ trop c'est trop ‘’ de Laurent Gbagbo
Dans une adresse ouverte au peuple ivoirien, précédé d'un mot d'ordre le 26 avril, le président Gbagbo lançait son mouvement : << Trop c'est trop>> dans lequel il a dénoncé ‘’ les dérives autocratiques ‘’ avec deux revendications prioritaires . D'une part, le président du PPA-CI dit lutter avec son mouvement contre la vie chère, les déguerpissements sauvages, l'exclusion sociale, la précarité, l'instrumentalisation de la justice, l'emprisonnement de dès leaders d'opinion et politiques.
D'autre part, le mouvement “ trop c'est trop ” lutte pour le respect de la Constitution . En clair, il s'agit de ‘’ de s'opposer au 4e mandat du président Alassane Ouattara qui viole la loi fondamentale et fragilise la démocratie ivoirienne ” .
Ousséni Basniwendé Kafando
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